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La guerre serait déclarée entre banquiers et courtiers en crédit immobiliers. Ces deux professionnels sont pourtant partenaires, et les courtiers ne peuvent s’adresser qu’à des banquiers pour le crédit. Mais ils s’adressent également aux assureurs pour l’assurance emprunteur. Et bien souvent, l’assurance la moins chère n’est pas celle proposée par la banque qui octroie le crédit... Et si le courtier remplit correctement sa mission, la banque ne sera pas satisfaite.
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Avec ces taux bas, l’assurance emprunteur coûte souvent plus cher que le crédit en lui-même. Si les banquiers fournissent le crédit à un taux compétitif, elles se rattrapent souvent sur l’assurance emprunteur. Les courtiers font, de leur côté, jouer la concurrence jusqu’au bout. Et c’est le drame. Les banques voient ainsi leurs marges s’envoler dans d’autres poches, celles des assureurs.
Trouver le taux de crédit immobilier le moins élevé possible, les courtiers le font bien. En mutualisant les demandes de leurs clients, les courtiers peuvent ainsi obtenir des taux sensiblement plus avantageux. Mais les taux sont tellement bas, que les courtiers n’apportent qu’un gain financier assez réduit sur le crédit en lui-même.
Par contre, sur l’assurance emprunteur, les économies réalisées en faisant jouer la concurrence sont importantes, pas moins de 15.000€ d’écart par dossier ! Toujours est-il, que la commission, versée par la banque serait autour de 1% du montant du capital emprunté. Une petite fortune. Si cela convenait à l’ensemble des partenaires en période de taux plus élevés, avec des marges confortables pour les banques, l’année 2020 s’annonce moribonde sur ce point. Les banques entendent bien restaurer leurs marges. Elles seraient prêtes à se passer des courtiers afin de pouvoir commercialiser davantage d’assurances emprunteurs et ainsi empocher ces juteuses commissions.
Ainsi témoigne un courtier en crédit immobilier : « Les banques décident de couper massivement le nombre de courtiers avec lesquelles elles travaillent, mais c’est aussi pour travailler plus avec ceux qui travaillent efficacement et leur apportent un vrai service » déclare Pierre Chapon, Président cofondateur de Pretto. Si une guerre semble déclarée entre les banquiers et les courtiers en crédit immobilier : pas si simple. Pour les banques, les courtiers sont aussi un moyen de se développer de manière ciblée et flexible et contrôlée : ils représentent pour elles un apport important de nouveaux clients qu’ils peuvent sélectionner finement en fonction de leur politique commerciale.
Pierre Chapon ajoute : « Les banques vont sélectionner les bons courtiers en fonction des critères suivants : le volume d’affaires, la taille, et surtout la qualité des dossiers traités. La question qu’elles vont se poser désormais c’est : « Est-ce que ce courtier me fournit des dossiers vraiment complets ? est-ce que le client transforme bien ensuite et ouvre son compte dans ma banque en achetant son bien immobilier ? ». « La prime va donc aller aux courtiers d’une taille significative et très structurés. Le secteur arrive à une phase de maturité, et la baisse des taux a accéléré le phénomène, engendrant un « nettoyage » du secteur par les banques. »


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